L’histoire des Métis du Congo. Interview avec Ferdinand Lokunda DaSilva [Archives Mai 2017]

Interview with Papa Ferdinand who has become, over the years a dear friend of mine and someone I consider an uncle. I would invite you to join or support his association L’ASMECO (Association for Mixed Race Congolese and anyone victim of racial discrimination). They fight actively against the abandonment of mixed children by their white fathers.

  1. Quel a été le comportement des Métis eux-mêmes après la vague d’abandon ? 

Beaucoup ont expérimenté un sentiment d’abandon terrible et la plupart a espéré qu’un jour leur père biologique finirait par refaire surface. Souvent issus de milieux défavorisés, la plupart des hommes finirent par se diriger vers des milieux professionnels mécaniques par contrainte. Il faut noter que ces derniers rencontrent un problème d’alcoolisme très fréquent pour oublier la souffrance par laquelle ils passent. Noyer ses problèmes dans l’alcool est une façon d’oublier et de ne plus songer à un futur qui semble être trop dur à supporter.  Chez les femmes métisses encore, notons que beaucoup, sans faire de généralité, s’adonnent à la prostitution. D’autres encore épousent des Blancs en espérant élever leur rang social. Cependant, d’autres métis ont eu le courage de se rendre dans les ambassades afin de retrouver leur père mais leurs démarches se sont souvent soldées par un échec puisque les ambassades des pays d’origines de leurs parents qualifient ces derniers “d’inconnus”, soit une chose qui nous fait très mal au coeur.

2. Que pouvons-nous dire du comportement des Mères africaines complices des abandons ?

Nos mères et les familles respectives sont belles et bien complices de l’abandon de leurs enfants bien que la plupart des cas nos pères battent le record en ce qui concerne ces ACTES CRIMINELS d’ABANDON des Enfants METIS. Quelques années après l’indépendance de la RDC, nous avons eu vent de quelques cas isolés où nos pères revenaient afin de récupérer leurs enfants ; malheureusement les familles de nos mères ont fait fuir leurs enfants dans les villages les plus reculés qfin qu’ils ne soient pas récupérés par leur père. D’autres familles se sont livrées aux pratiques diaboliques pour que les pères blancs de leur enfants ne puissent plus revenir récupérer ces enfants.

3. Quel rôle l’état congolais a joué dans ces crimes ?

L’ETAT CONGOLAIS est réellement COMPLICE des CRIMES d’Abandon des Enfants Congolais en Général et ceux des METIS Congolais,  en particulier de ce que je qualifierais de : « non assistance à personne en danger » et l’histoire finira un jour par les rattraper. Nous ne comprenons pas ce comportement de faiblesse de l’ETAT CONGOLAIS qui ne dit mot et ne réagit pas face aux CAS de CRIMES d’Abandon des enfants. Les accords politiques entre le gouvernement congolais et ceux de nos pays européens d’origine symbolisent que le pouvoir congolais n’hésite pas à sacrifier nos droits, notre reconnaissance pour leurs profits. En évoquant notre cas auprès des gouvernements européens, notre gouvernement craint de les lasser et que ceux-ci se détournent de lui.

4. Quelle est la responsabilité de l’ONU ?

Tout comme l’état congolais qui nie nos droits sciemment, l’ONU joue un double jeu, tout en étant particulièrement responsable des abandons, que les enfants soient métis ou non par ailleurs. En ce sens, l’ASMECO s’étend également à la protection des enfants au-delà même de la cause métisse. Nous voulons qu’une journée et une loi soient instaurées à l’ONU pour la protection des enfants afin de punir les états qui favorisent les ACTES CRIMINELS d’abandon des enfants et leurs sujets qui les commettent.

Nous avons au sein de notre association ici à KINSHASA les cas de 4 enfants abandonnés par un ONUSIEN (de la MONUSCO) de nationalité américaine mais voilà, la MONUSCO affirme ne plus avoir ni les moyen ni le pouvoir de poursuivre un individu en fin de mission s’il est responsable d’un crime car cette personne n’est plus gérée par eux. Alors l’ONU nous renvoie auprès des nos bourreaux, ces états complices, pour résoudre nos problèmes. Et aujourd’hui voilà que ces enfants sont en train de souffrir sans assistance et devenant de moins en moins nombreux.

5. Les Métis se sentent-ils supérieurs aux Noirs ?

Non, loin de cette idée. D’ailleurs, les métis ne comprennent pas et s’étonnent souvent de la manière dont nos frères et sœurs noirs à 100% se considèrent inferieurs à nous. Quant à nous, nous ne nous considérons pas comme supérieurs.

6. Est-ce vrai que beaucoup de Métis épousent uniquement d’autres métisses et refusent de marier des Noirs par peur de perdre le sang européen ?

Non, c’est faux, d’ailleurs la plus part des Métis se sont mariés à des femmes noires à 100%.Tout metisest, comme toute personne, libre de faire son choix,  de se marier à une métisse comme lui et ceci ne signifie pas qu’ils se soient mariés pour ne pas perdre le sang européen.

7. Pouvons-nous dire que la vie des métis varie en fonction de leurs origines européennes ? (Par exemple; pouvons-nous dire qu’un métis Congolais/Grec, Congolais/Belge, Congolais/Portugais ont la même expérience, ont vécu la même chose) ?

Tous les métis partagent la même histoire, bien que les pères se différencient par leurs origines et nationalités diverses, mais entre nous nous considérerons comme étant les enfants des gens qui sont venus d’un même PAYS ou issus d’une même RACE. Nous ne faisons aucune différence entre nous.

8. Les Grecs ont-ils plus reconnus leurs enfants métis que les Belges ?

Nous sommes incapables de faire ce parallélisme car nous ne connaissons pas le nombre de Grecs qui ont séjourné ici au Congo pendant et après la colonisation, et d’ailleurs d’après le nombre de métis que nous connaissons, les métis issus de pères belges sont plus nombreux que tous les autres. Ils sont suivis de près par les Portugais. Le manque de data ne nous permet de confirmer cette hypothèse.

9. Quelle est l’attitude des métis riches envers leurs frères métis pauvres au Kongo?

Ho !!! Ma sœur, justement, une très belle question, nos frères et sœurs RICHES comme vous dites, une minorité parmi eux nous approche sans problème, la plupart nous approche sous réserve de peur qu’ils ne soient pas en face d’un mendiant. D’autres encore ne veulent même pas nous approcher. Lorsque nous commencions les démarches pour cette association, nous croyions trouver un appui auprès de nos frères et sœurs métis riches qui ont des moyens, malheureusement seuls 0.5% d’entre eux nous ont reçus parmi eux et peu d’entre eux nous ont aidés jusqu’à ce jour.

10. Que pouvons-nous dire des Métis Congolais et Arabes? Où se trouvent-ils aujourd’hui ?

Nous avons un grand travail qui nécessite des moyens énormes malheureusement nous ne sommes pas parvenus à recenser le nombre exact de métis ainsi que les origines de leurs parents.

Merci à toi Monsieur Ferdinand Lokunda Dasilva et bonne chance pour la suite d’un combat qui nous concerne tous.

Tous Droits Protégés

Victoria Kabeya

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